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Renard Roux : stop à sa destruction !

Le 15 janvier, la Préfecture des Deux-Sèvres a transmis au ministère un dossier de demandes de classement d’espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD). Ce classement, qui prendrait effet pour la période 2026-2029 permettrait de  chasser, piéger ou déterrer ces animaux tout au long de l’année.

Pour les Deux-Sèvres, seraient concernés le renard roux, la corneille et le corbeau freux.

DSNE demande l’arrêt de la destruction d’espèces pour concentrer les efforts sur la protection des élevages avicoles domestiques ou professionnels.

  • Des éléments scientifiques incontestables.

Le rapport de l’ANSES (2023) indique que la réduction des populations de renards ne permet pas de réduire le risque de transmission de l’Echinococcus multilocularis.

Le rapport CARELI récemment publié (2025) démontre sans ambiguïté l’inefficacité de la destruction du renard pour réduire la prédation sur les poulaillers.

Les analyses récentes des données STOC en Poitou-Charentes montrent une baisse significative voire importante des populations de corbeaux freux.

  • Un rapport officiel de l’Inspection Générale de l’Environnement et du Développement Durable (IGEDD) paru en 2024 recommande de ne pas reconduire le classement ESOD et d’abandonner le principe d’une destruction systématique au profit de l’élimination du ou des individus identifiés au cas par cas.

Et, pourtant, lors de la commission préfectorale à laquelle DSNE et GODS participent, ces éléments que nous avons mis en avant, ont été ignorés au profit de déclarations de dégâts très contestables, voire irrecevables car, entre autres constats :

  • déclarées hors période réglementaire ;
  • souvent sans mention de la qualité du déclarant  
  • incriminant des espèces sans aucune preuve indiscutable ou sans identification claire entre deux espèces (corbeaux/corneilles) 
  • attribuées systématiquement au renard, sans preuve et sans envisager la responsabilité du chien errant,
  • absence de barème objectif d'où des estimations de dégâts faites à la louche
  • absence de description claire des dispositifs de protection mis en place, conformément à la loi
  • déclarés en période de grippe aviaire, sur des poulaillers, pendant laquelle les propriétaires avaient l’obligation de rendre les installations « non accessibles à la faune sauvage ».

Compte tenu de tous ces constats d'imprécision, le total des préjudices attribués à telle ou telle espèce sur la période des 4 années étudiées est impossible à réaliser de manière sérieuse et avec des données “significatives, fiables et probantes”.

Aujourd'hui la pertinence écologique de la régulation des espèces est partout remise en question. Les politiques de destruction systématique des animaux mises en place depuis de nombreuses années en Deux-Sèvres sont peu efficaces. Il est temps d'entendre les experts qui affirment que ces pratiques perturbent la structure et le fonctionnement des écosystèmes naturels et d'envisager d'autres solutions.

A lire :  le communiqué de presse de 20 associations membres du Collectif renard Poitou-Charentes : https://dsne.org/wp-content/uploads/2026/01/Lettre-prefet-collectif-renard-PCN.pdf

Original à protéger

© Christian Braun