DSNE demande l’arrêt de la destruction d’espèces pour concentrer les efforts sur la protection des élevages avicoles domestiques ou professionnels.
Des éléments scientifiques incontestables :
- Le rapport de l’lGEDD (1) recommande notamment, dans un rapport étayé :
- de supprimer le classement national des ESOD du groupe 2.
- d’abandonner le principe d’une destruction systématique d’une espèce susceptible d’occasionner des dégâts au profit de l’élimination du ou des individus identifiés au cas par cas.
- L’étude récemment publiée dans la revue Bio logical Conservation (2), financée par le Ministère de l’Ecologie et coordonnée par le Muséum National d’Histoire Naturelle et basée sur les données officielles de l’administration (montants de dégâts et nombre d’animaux tués) pour chaque espèce concernée et chaque département français, de 2015 à 2022 démontre :
- qu’aucun lien n'existe entre l'effort de destruction d’une année donnée et les dégâts de l'année suivante.
- que tuer plus d'animaux ne fait pas baisser les pertes économiques et inversement, tuer moins d’animaux ne fait pas augmenter ces pertes.
- Que le coût de ce dispositif est jusqu' à huit fois plus élevé que le montant des dégâts censés le justifier, ce qui pose la question de sa rationalité économique.
Un non-sens écologique :
- le Renard Roux est un allié du monde agricole : un renard adulte consomme en moyenne 4 000 à 6 000 rongeurs par an (campagnols, mulots, rats, souris). Cette régulation naturelle réduit les dégâts agricoles causés par les pullulations de campagnols notamment sur les exploitations pratiquant l'agriculture de conservation des sols. En diminuant ces populations, le renard contribue à la réduction de l’usage des rodenticides dont les effets secondaires sur l’environnement sont bien connus.
- le Renard Roux est un prédateur. En régulant les vieux individus, malades…, il maintient en bon état les populations de lapin de garenne, lièvre… Opportuniste, il saisira toutes les occasions… que nous pouvons enrayer en prenant des mesures de protection de nos élevages de volailles.
- le Renard Roux est un jardinier naturel : en effet, le renard roux complète son régime alimentaire notamment par des fruits et des baies quand ces ressources sont abondantes. Par sa consommation de fruits, il joue un rôle important dans la dissémination des graines et contribue à la diversité des arbres et arbustes des paysages ruraux.
- le Renard Roux est un régulateur sanitaire : le rapport de l’ANSES (2023)(3), expertise rédigée à la demande de l’État français démontre que, dans l’intérêt de la santé publique, il convient de ne pas réguler les populations de renards roux puisque cela accroît le risque de contraction de l’échinococcose alvéolaire. Citons : « L’Agence souligne l’importance de ne pas engager d’action spécifique pour faire varier les populations de renards, que ce soit à la hausse ou à la baisse, pour des motifs globaux de santé publique, humaine comme animale. Elle note à ce titre, non seulement l’inefficacité de telles mesures sur la transmission d’agents pathogènes, mais les effets possiblement contre-productifs d’une réduction des populations de renards sur cette transmission, à l’instar de la transmission d’Echinococcus multilocularis. ».
Et, pourtant, lors de la commission préfectorale à laquelle DSNE et GODS participent, ces éléments que nous avons mis en avant, ont été ignorés au profit de déclarations de dégâts très contestables, voire irrecevables car, entre autres constats :
- déclarées hors période réglementaire ;
- souvent sans mention de la qualité du déclarant
- incriminant des espèces sans aucune preuve indiscutable ou sans identification claire entre deux espèces (corbeaux/corneilles)
- attribuées systématiquement au renard, sans preuve et sans envisager la responsabilité du chien errant,
- absence de barème objectif d'où des estimations de dégâts faites à la louche
- absence de description claire des dispositifs de protection mis en place, conformément à la loi
- déclarés en période de grippe aviaire, sur des poulaillers, pendant laquelle les propriétaires avaient l’obligation de rendre les installations « non accessibles à la faune sauvage ».
Compte tenu de tous ces constats d'imprécision, le total des préjudices attribués à telle ou telle espèce sur la période des 4 années étudiées est impossible à réaliser de manière sérieuse et avec des données “significatives, fiables et probantes”.
Aujourd'hui la pertinence écologique de la régulation des espèces est partout remise en question. Les politiques de destruction systématique des animaux mises en place depuis de nombreuses années en Deux-Sèvres sont peu efficaces. Il est temps d'entendre les experts qui affirment que ces pratiques perturbent la structure et le fonctionnement des écosystèmes naturels et d'envisager d'autres solutions.
Plus d'infos et d'arguments :
Notre déposition à la consultation publique juillet 2026 : https://dsne.org/wp-content/uploads/2026/07/2026-07-14-consultation-publique-arrete-ministeriel-ESOD-2026-2029.pdf
Le plaidoyer de FNE-Nouvelle Aquitaine co-construit par les associations membres : https://fne-nouvelleaquitaine.fr/dossiers/plaidoyer-pour-une-autre-gestion-des-especes-sauvages
https://fne.asso.fr/dossiers/renard-4-idees-recues-sur-un-animal-utile
Le communiqué de presse de 20 associations membres du Collectif renard Poitou-Charentes : https://dsne.org/wp-content/uploads/2026/01/Lettre-prefet-collectif-renard-PCN.pdf
Webinaire ESOD : plus d’un million d’animaux tués pour rien ?
Jusqu’au 30 juillet, participez à la consultation publique
Le ministère de la transition écologique a ouvert une consultation publique jusqu'au 30 juillet 2026 concernant les espèces « susceptibles d’occasionner des dégâts » ou ESOD (les anciens « nuisibles »). Ce sont le renard, la belette, la fouine, la martre, la corneille, le corbeau freux, la pie, le geai et l’étourneau.
Ce projet autoriserait leur destruction par tir et par piégeage durant les trois prochaines années. Il autorise également le déterrage du renard, une pratique particulièrement brutale.
Pour les Deux-Sèvres, deux espèces sont encore retenues :
Le Renard Roux et la Corneille Noire.
Comment participer à la consultation ?
Rendez-vous avant le 30 juillet 2026 sur la page web de la consultation pour avoir plus d’informations et postez votre commentaire sur la page prévue à cet effet. Il est important de personnaliser votre réponse et de ne pas faire un simple copier-coller des arguments proposés, sinon votre réponse risque de ne pas être comptabilisée lors de la synthèse de cette consultation.
Attention, le site du ministère est souvent surchargé : nous vous conseillons de rédiger votre contribution à l’avance, hors ligne, afin de ne pas perdre votre texte en cas de blocage du site web.

© Christian Braun
